Production d’énergie

Biomasse

Le bois-énergie, un potentiel très important à valoriser et à maîtriser

Les Pays de la Loire disposent d’un potentiel moyen de ressources mobilisables pour le bois-énergie. Bien que n’étant pas une région forestière (seule 11 % de la surface du territoire est boisée), la région est la seconde en termes d’activités de transformation du bois, productrice de matières mobilisables pour le bois-énergie. La filière bois est le troisième secteur industriel de la région, avec 4 400 entreprises et 30 000 emplois.

En 2012, le bois-énergie était majoritairement consommé sous forme de bûches chez les particuliers et les agriculteurs. Dans la région, environ 400 000 foyers consommaient 80 % du bois valorisé sous forme d’énergie, soit près d’un million de tonnes de bois par an (équivalent à 300 ktep/an). Hors installations individuelles, on comptait en 2013 :

  • plus de 100 chaufferies bois dans l’industrie (dont plus de 70 chaudières sont installées dans des industries du bois). Elles mobilisent plus de 300 000 tonnes de bois par an (équivalent de 89 ktep/an)  ;
  • 166 chaufferies bois pour chauffer des bâtiments collectifs ou tertiaires. Elles mobilisent plus de 170 000 tonnes de bois par an (équivalent à 41 ktep/an).

La filière du bois-énergie est actuellement la filière renouvelable la plus productrice dans la région, elle représente en 2012 plus de la moitié de la production d’énergie renouvelable. Son importance reste de taille dans la production visée en 2020 : avec 460 ktep, elle représenterait 35 % de la production régionale d’énergie renouvelable.

Il est toutefois nécessaire de mettre en place des mesures visant à maîtriser la demande en bois-énergie. La hausse importante prévisible de la consommation de bois sur une période aussi courte peut entraîner des conséquences en termes de conflits d’usages, de développement des importations de bois et le développement incontrôlé de cultures énergétiques dédiées.

De plus, la combustion du bois génère des particules fines dans les rejets atmosphériques. Une vigilance doit être portée sur les conditions de rejets des installations de combustion au bois, en particulier dans les zones sensibles (zone présentant une forte densité de population et des niveaux de pollution liés aux transports routiers ou à l’industrie plus marqués).

L’exploitation non raisonnée du bois peut enfin être source de pression environnementale en termes d’impact sur le paysage (boisement, bocage, etc.), biodiversité, qualité des sols, etc.

Le développement régional du bois-énergie s’appuie sur l’association régionale Atlanbois qui réunit de nombreux acteurs de la filière bois dans toutes ses composantes. L’association travaille à la fois sur le développement des installations mais aussi sur la mobilisation de la ressource, avec notamment la création d’une structure régionale d’approvisionnement.

La valorisation du biogaz, des enjeux considérables

Le biogaz est produit lors d’un processus naturel de dégradation biologique de la matière organique en milieu dépourvu d’oxygène : c’est la méthanisation. Le développement de la méthanisation et de la filière biogaz sert à la fois la politique de l’eau, des déchets et la politique énergétique, en effet :

  • développer la méthanisation des déchets organiques revient à réduire leur volume  ;
  • le développement de la méthanisation agricole (à la ferme ou collectivement) augmente le traitement des effluents et des déchets agricoles, et améliore ainsi la gestion des épandages, au regard en particulier des problématiques liées à l’azote  ;
  • par ailleurs, la valorisation du biogaz permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre :
    • méthaniser les déchets agricoles réduit la durée de stockage en extérieur des effluents d’élevage et donc les émissions de méthane et de protoxyde d’azote engendrés au cours de cette phase ;
    • la valorisation du biogaz de décharge, produit lors de la fermentation des ordures, évite que des gaz à effet de serre à fort pouvoir de réchauffement ne soient libérés dans l’atmosphère ;
    • enfin, le contenu en carbone du biogaz est égal à celui qui a été absorbé naturellement dans l’atmosphère lors de la production de la matière organique : en le substituant à des sources d’énergie fossiles, on réduit ainsi la quantité de carbone émise dans l’atmosphère.

Le biogaz peut être valorisé de différentes manières :

  • par la production d’électricité et de chaleur combinée dans une centrale en cogénération ;
  • par la production de chaleur qui sera consommée à proximité du site de production ;
  • par l’injection dans les réseaux de gaz naturel après une étape d’épuration (le biogaz devient alors du biométhane) ;
  • par la transformation en carburant sous forme de gaz naturel véhicule (GNV).

Au 1er avril 2015, on recense 37 unités valorisant du biogaz en Pays de la Loire. Elles sont de tailles diverses et traitent des matières d’origines variées :

  • 14 unités à la ferme, de petite taille, utilisant essentiellement les effluents d’élevage de l’exploitation ;
  • 4 unités centralisées qui valorisent en codigestion différents substrats sur un site dédié ;
  • 8 unités industrielles, dont 5 installations agro-alimentaires ;
  • 8 unités de collectivités, dont 7 traitant des boues de station d’épuration et 1 de la fraction fermentescible des ordures ménagères ;
  • 3 unités de stockage de déchets non dangereux valorisant du biogaz de décharge.

Cet ensemble valorise une énergie primaire de l’ordre de 33 ktep/an. La production électrique est estimée à environ 12 ktep/an et la production thermique à 14 ktep/an.

Le département de la Mayenne présente la plus importante production primaire de biogaz de la région (près de la moitié). Ce département est majoritairement rural et regroupe un nombre important d’agriculteurs et donc des effluents d’élevage ou de la matière végétale agricole pouvant être méthanisés en grande quantité. La Mayenne accueille par ailleurs une importante décharge d’ordures ménagères.

Lancé début 2013, le Plan Energie Méthanisation Autonomie Azote vise l’objectif de 1 000 méthaniseurs à la ferme au niveau national en 2020 et devrait dynamiser la filière.

A l’échelle régionale, à travers le SRCAE, on vise pour 2020 une valorisation de 80 ktep de biogaz, par le biais de 220 installations. La filière biogaz compte pour 6 % de l’objectif régional de production d’énergie renouvelable à cet horizon.