Le profil énergie climat Régional

♢ Une forte dépendance énergétique
♢ consommations d’énergie
♢ Émissions de Gaz à effet de serre
♢ Production d’énergie

 


Une forte dépendance énergétique

L’estuaire de la Loire et l’approvisionnement énergétique

Avec le port de Nantes-Saint-Nazaire et les terminaux méthaniers et charbonniers de Montoir de Bretagne, l’estuaire de la Loire assure environ 10 % de l’approvisionnement énergétique de la France. En 2014, le trafic énergétique représente près des deux tiers du trafic du port de Nantes-Saint-Nazaire : sur les 26,4 millions de tonnes de flux maritimes, 8,5 ont été du pétrole brut ; 6,0 des produits raffinés ; 1,3 du gaz naturel liquéfié et 1,2 du charbon.

Sites stratégiques pour l’alimentation en énergie

 

L’exploitation du pétrole importé par la raffinerie de Donges, deuxième raffinerie de France par sa capacité, conduit à l’expédition d’environ 12 % du tonnage français de produits pétroliers par an.

L’un des trois terminaux méthaniers actuellement en service en France se trouve à Montoir avec une capacité de stockage de 360.000 m3 (les deux autres étant situés à Fos et un quatrième terminal méthanier devrait être mis en service fin 2015 à Dunkerque). Il reçoit une trentaine de bateaux par an de gaz liquéfié en provenance d’Algérie et du Nigéria, qui sont regazéifiés et injectés dans le réseau : cela représente environ 2 % de l’approvisionnement en gaz de la France et la moitié de la consommation régionale. Le port de Montoir se classe au 3e rang des ports charbonniers français. L’essentiel de ces importations alimente la centrale thermique de Cordemais.

Terminaux de Montoir de Bretagne (44) crédits photo B. Suard-MEDDE
Terminaux de Montoir de Bretagne (44) crédits photo B. Suard-MEDDE

Les produits pétroliers dans la consommation énergétique régionale…

Les deux tiers environ de la consommation énergétique finale régionale est d’origine fossile (produits pétroliers et gaz). L’électricité représente un quart des consommations et est également pour partie produite à partir d’énergies fossiles.

Le profil régional de consommation énergétique par type d’énergie est comparable à celui que l’on observe en moyenne nationale.

…et dans la production d’électricité

La centrale thermique de Cordemais (fioul et charbon), plus importante centrale thermique française, est à l’origine d’une grande partie de la production électrique régionale (près des deux tiers en 2014, année où la centrale a été faiblement sollicitée en raison de la douceur de l’hiver). La production d’électricité d’origine renouvelable ne cesse d’augmenter mais reste minoritaire (près du tiers en 2014). Elle est en forte augmentation pour les filières éolienne, photovoltaïque et combustibles biomasse.

Cependant, la région ne produit pas toute l’électricité dont elle a besoin, mais seulement de 15 à 40 % selon les années. Les échanges avec les autres régions sont donc primordiaux. Une partie de l’électricité de la centrale de Cordemais alimente une partie de la Bretagne, tandis que les centrales nucléaires des régions voisines (Chinon, Civaux et Saint-Laurent-des-Eaux) exportent vers la région des Pays de la Loire.

Il faut également souligner la fragilité des réseaux de transport et de distribution d’électricité principalement dans le sud de la région, qui connaît un essor démographique important et une croissance de la consommation particulièrement élevée. La hausse de la demande en électricité en période touristique peut en outre aggraver cette problématique, d’où l’enjeu du développement de la production domestique et de la maîtrise de la consommation.


Les consommations d’énergie en région

L’habitat et les transports, principaux secteurs consommateurs d’énergie

En 2012, la consommation totale d’énergie finale en région Pays de la Loire est estimée à 7,5 millions de tonnes équivalent pétrole (tep), soit 2 tonnes d’équivalent pétrole par an et par habitant.

Les consommations d’énergie ont diminué de l’ordre de 3,4 % par an entre 2008 et 2012. Ce résultat s’explique à la fois par une conjoncture économique globale plutôt morose ces deux dernières années mais également par la clémence des derniers hivers. Il faut toutefois garder à l’esprit que cette baisse intervient après plusieurs années de forte croissance. La région a en effet vu sa consommation d’énergie augmenter de 30 % entre 1995 et 2010 (principalement du fait du développement des transports et du secteur tertiaire) quand sur la même période, la France a connu une progression de l’ordre de 10 %.

Le secteur de l’habitat et surtout celui des transports sont les secteurs les plus consommateurs du territoire ; ils représentent chacun environ un tiers des consommations régionales. L’ensemble des consommations liées au bâti (habitat et tertiaire) représente près de la moitié des consommations (42 %), ce qui est comparable à la moyenne nationale.

La région des Pays de la Loire se distingue de la moyenne française, notamment par une consommation du secteur industriel moins marquée qu’au niveau national (1 150 ktep d’énergie consommée soit 0,3 tep/hab, contre 0,4 tep/hab en moyenne en France) et son secteur agricole plus important (380 ktep d’énergie consommée soit 0,10 tep/hab contre 0,07 tep/hab en moyenne en France).

En poursuivant les tendances observées sur la période 1999-2008, les consommations régionales d’énergie atteindraient 8,8 millions de tep en 2020, soit une augmentation de plus de 50 % par rapport à 1990. Cela est à confronter à l’objectif proposé dans le SRCAE d’atteindre une consommation d’énergie finale de 6,7 millions de tep à cette échéance, ce qui représente une inflexion de la consommation tendancielle de près du quart.

Le bâtiment

Le parc de logements est relativement ancien, la moitié des résidences principales date d’avant 1975. Cela est plus marqué en Mayenne (55 %) et en Sarthe (59 % ). La proportion de résidences principales d’avant 1975 en Pays de la Loire demeure néanmoins inférieure à celle observée au niveau France métropolitaine qui s’établit à 57 %.

En moyenne régionale, les consommations d’énergie de l’habitat avoisinent les 200 kWh/m²/an (consommation des résidences principales, à climat normal, mesurée en énergie finale, couvrant tous les usages). Près des deux tiers de cette consommation est consacrée au chauffage.

A titre de comparaison, un logement récent consomme tout au plus 60 kWh/m² et en rénovation, il est fréquent d’atteindre une performance de 75 kWh/m². Cela laisse entrevoir l’importance du gisement d’économie d’énergie que représente la rénovation thermique des logements.

La prépondérance de la maison individuelle (plus consommatrice d’énergie) et l’importance du desserrement des ménages sont également des facteurs explicatifs de la consommation d’énergie dans l’habitat. Ils sont aussi un facteur important des consommations d’énergie pour le transport. A noter par ailleurs que l’électricité est la première énergie consommée dans l’habitat et que sa part continue à augmenter.

Le parc tertiaire présente également un grand gisement d’économie d’énergie. Il est caractérisé par une augmentation importante des consommations plus particulièrement pour les bureaux, les bâtiments à usage de sports, loisirs, culture et le commerce.

Dans ce contexte et sous l’impulsion du Grenelle de l’environnement, des politiques et des actions d’ampleur se mettent en œuvre aujourd’hui tant en faveur de la rénovation thermique des bâtiments (on peut citer le programme de rénovation énergétique de l’habitat qui vise un objectif ambitieux de 500.000 rénovations lourdes par an d’ici 2017 contre 150.000 actuellement) que de la promotion de bâtiments à énergie passive voire positive.

Compte tenu du faible taux de renouvellement du parc de logements, la réhabilitation des logements existants est un enjeu majeur pour l’atteinte des objectifs de réduction des consommations énergétiques ; cela nécessite la mobilisation de très nombreux acteurs : bailleurs sociaux, copropriétés, particuliers… et de l’ensemble des partenaires institutionnels et financiers concernés.

Réhabilitation de logements existants crédits photos L. Mignaux-MEDDE

Les transports

Il s’agit pour l’essentiel des transports par la route (98 %). Malgré les améliorations technologiques sur les véhicules et un développement significatif des transports collectifs urbains et interurbains, les consommations d’énergie ont continué à croître (d’environ 45 % entre 1990 et 2009) en raison de l’importance de l’accroissement du trafic automobile.

L’industrie

Ce secteur a connu une hausse importante jusqu’au milieu des années 2000 et tend à se stabiliser depuis. L’emploi de l’énergie varie suivant le type d’activité. La construction (production de verre creux, tuiles, émail, ciment, …) consomme près de 17 % de l’énergie totale alors que l’activité des fonderies n’en utilise qu’1 % dans la région. Enfin l’énergie dépensée pour alimenter les chaudières représente 78 % de l’énergie consommée pour le secteur industriel.

L’agriculture

Elle consomme en grande majorité des produits pétroliers pour couvrir ses besoins énergétiques (à plus de 80 %). Le gaz naturel et l’électricité sont également utilisés mais dans des proportions nettement moindre (10 % pour chacune des sources). Ces tendances restent stables depuis 2004 avec tout de même un recul de la consommation de gaz naturel (diminution de 34  % de 2004 à 2009) que l’on retrouve aussi dans les tendances nationales.



Émissions de GES

Un niveau d’émissions important

D’après l’inventaire régional BASEMIS réalisé par Air Pays de la Loire, les émissions directes de gaz à effet de serre (GES) en Pays de la Loire sont évaluées à 32,6 millions de tonnes équivalent CO2 (teq CO2) en 2012. Rapportées au nombre d’habitants, elles représentent 9 teqCO2/hab en moyenne régionale, pour un niveau national de l’ordre de 7,5 (Source CITEPA/ rapport national d’inventaire au format SECTEN avril 2014).

Le niveau du trafic routier, la présence d’équipements de production d’énergie de dimension nationale (raffinerie, centrale thermique) et surtout l’importance du secteur agricole, notamment de l’élevage, sont autant de spécificités régionales à l’origine de ce niveau élevé. Ces émissions connaissent une croissance annuelle de l’ordre de 1 % par an depuis 1990, essentiellement liée aux émissions issues des consommations d’énergie, bien que la tendance soit désormais au ralentissement ces dernières années. Cependant, ramenées au nombre d’habitants, les émissions de GES ont diminué de 10 % par rapport à 2008, principalement du fait de l’industrie et du secteur résidentiel.

Un niveau d’émissions par habitant supérieur à la moyenne nationale

Tendances et objectifs

En vertu de ses engagements internationaux, la France doit réduire son niveau d’émissions annuelles totales (énergétiques et non énergétiques) pour le porter :

  • à celui de 1990 en 2012 (protocole de Kyoto, objectif atteint)
  • à 80 % de celui de 1990 d’ici à 2020 (engagement européen dit des « 3×20 »).
  • à 40 % de celui de 1990 d’ici à 2030 (objectif de la loi pour la transition énergétique du 18 août 2015)
  • à 25 % de celui de 1990 d’ici à 2050 (engagement dit du « facteur 4 »)

En Pays de la Loire, en 2012, il se situait 11 % au dessus du niveau des émissions régionales de 1990. La région a en effet connu un important développement économique et démographique ces vingt dernières années.

Pour contribuer à l’atteinte des objectifs de la France, les Pays de la Loire se sont fixés pour objectifs de stabiliser d’ici à 2020 leurs émissions de GES à leur niveau de 1990 (ce qui, compte tenu de la progression démographique, représente une diminution des émissions par habitant de 23 % ) et d’atteindre le facteur 4 en 2050.

Pour respecter ces objectifs, les émissions régionales devront diminuer en moyenne de 1,5 % par an sur la période 2012-2020 puis de 4,5 % par an entre 2020 et 2050. À l’échelle nationale, les efforts envisagés sont comparables pour la période 2012-2020 (-1,3 % par an en moyenne) mais moins intense pour la période 2020-2050 (-3,8 %/an)

Émissions de gaz à effet de serre en Pays de la Loire et objectifs

Des tendances à infléchir fortement pour atteindre les objectifs nationaux et européens

La séquestration de carbone

La séquestration de carbone, notamment par l’accroissement de la biomasse (en particulier du patrimoine forestier) est une perspective à l’étude pour renforcer la lutte contre le changement climatique. En effet si certaines activités sylvicoles (notamment le brûlage des résidus) contribuent à émettre des gaz à effet de serre l’accroissement de la biomasse permet de stocker du dioxyde de carbone . C’est ce qu’on appelle les puits de carbone. C’est une question qui reste encore difficile à quantifier. En Pays de Loire, on estime que la gestion des forêts contribue à la séquestration d’un peu plus d’un million de teq CO2, ce qui représente environ 3 % des émissions totales régionales.

La séquestration de carbone issue de la gestion de la biomasse

Pour en savoir plus


La production d’énergies renouvelables

Si la part des énergies renouvelables reste toujours très minoritaire dans le bilan énergétique régional, (11 % en 2012, quand on vise 21 % à horizon 2020), certaines filières comme l’éolien, le photovoltaïque et les pompes à chaleur ont connu récemment une forte expansion.. Le développement de ces filières est porteur de développement économique pour la région et une forte prise en considération des enjeux environnementaux et sociaux est à même de favoriser leur acceptabilité.

Le schéma régional du climat, de l’air et de l’énergie (SRCAE), adopté le 18 avril 2014, rassemble les objectifs qualitatifs et quantitatifs de valorisation des potentiels en énergies renouvelables et locales pour la région.

  • Le solaire thermique, une filière en croissance
  • Le solaire photovoltaïque, une filière dynamique
  • L’éolien terrestre : une accélération qui s’infléchit
  • L’éolien offshore, un développement prévu pour 2020
  • Le bois-énergie, un potentiel très important
  • La valorisation du biogaz, des enjeux considérables
  • L’hydraulique, une ressource marginale
  • La géothermie, un potentiel assez faible
  • Les pompes à chaleur : une production en progression
  • La valorisation des déchets, la cogénération et les réseaux de chaleur

Le solaire thermique, une filière en croissance

La région des Pays de la Loire dispose d’un gisement solaire intéressant, un peu supérieur à la moyenne nationale. Il est compris entre 1220 et 1350 kWh/m2/an en Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Mayenne et Sarthe. Le gisement solaire de la Vendée, situé entre 1.350 et 1.490 kWh/m2/an, est le plus favorable de la région.

Une augmentation des installations solaires thermiques a été constatée dans les Pays de la Loire à partir de 2002, en lien avec la mise en place, jusque 2006, du plan soleil par l’ADEME et par la création d’un crédit d’impôt spécifique en 2005. En Pays de la Loire, la production d’énergie solaire thermique est de l’ordre de 3,2 ktep en 2011 (soit environ 35 GWh) par près de 70 000 m2 de panneaux. Le SRCAE vise une multiplication par 6 de la production solaire thermique d’ici 2020.

Panneaux solaires thermiques – J.M. Bernier-MEDDE

Le solaire photovoltaïque, une filière particulièrement dynamique

Le développement du photovoltaïque a été particulièrement précoce en Pays de la Loire où la barre du premier MW raccordé a été franchie dès le début de l’année 2007 quand cela s’est produit en 2008 voire l’année suivante dans la plupart des autres régions.

Au début de l’année 2015, les Pays de la Loire accueillent un parc photovoltaïque de 350 MW, la Vendée compte pour environ 30 % de cette puissance. La région est la 5e par l’importance de son parc photovoltaïque. Après deux années consécutives de baisse du volume raccordé, le développement de la filière a rebondi en 2014. Les Pays de la Loire se distinguent par l’importance des petites et moyennes installations. La Vendée et la Loire-Atlantique sont même les deux départements les plus fortement équipés en petites installations à l’échelle de la France. Malgré la rareté des centrales solaires dans la région, qui constituent désormais la majeure partie de l’accroissement du parc à l’échelle nationale, le niveau des raccordements effectués en 2014, s’il était maintenu par la suite, permettrait à la région d’atteindre les objectifs fixés pour 2020 par le SRCAE (650 MW).

Avec 372 GWh d’électricité d’origine photovoltaïque produite au cours de l’année 2014, la production des Pays de la Loire représente environ 6 % de la production nationale. Cette production d’électricité photovoltaïque a pesé pour environ 6,5 % de la production électrique régionale mais seulement pour 1,5 % de l’électricité consommée en 2014 en région.

Le photovoltaïque reste l’une des filières les plus dynamiques et des plus utiles à l’atteinte des objectifs régionaux en matière d’énergies renouvelables. La filière représente 4 % de la production d’énergie renouvelable visée pour 2020 dans la région.

Les installations photovoltaïques au sol peuvent toutefois être à l’origine d’impacts environnementaux ou de conflits d’usage des sols. Le développement de cette filière doit donc être maîtrisé pour les installations sur le bâti, d’une part en favorisant des projets de qualité esthétique et architecturale dans le respect des éléments patrimoniaux et d’autre part en limitant les installations au sol à des projets qui n’impactent ni les espaces agricoles ni les espaces naturels. En complément des dispositions nationales, les services de l’Etat en région ont établi une doctrine pour l’instruction des projets. Une liste de sites « propices » pour l’implantation de centrales solaires au sol a notamment été élaborée : elle identifie à la fois des sites artificialisés qui pourraient accueillir des centrales au sol et des surfaces de toitures dans les secteurs industriel, agricole et tertiaire, pour un potentiel total de l’ordre de 300 MW.

L’éolien terrestre : une accélération qui s’infléchit

Au début de l’année 2009, la puissance des parcs éoliens raccordés en Pays de la Loire s’élevait à 180 MW. La Vendée en représentait près des deux tiers tandis que les départements de Loire Atlantique et du Maine-et-Loire, avec chacun 30 MW environ, en représentaient le tiers restant. Entre 2010 et 2015, les départements ligériens présentent des évolutions contrastées.

Au 1er janvier 2015, le département de la Loire-Atlantique est le premier de la région par la puissance de ses installations, le département possède 225 MW d’éoliennes raccordées et représente 40 % du parc régional. La Loire-Atlantique est désormais le seul département de la région à présenter une dynamique de développement soutenue. Il porte quasiment à lui seul le développement récent du parc éolien régional.

Le département de Vendée, où le développement de l’éolien avait été parmi les plus précoces en France, est désormais le 2e de la région avec un peu plus de 180 MW d’éoliennes raccordées au 1er janvier 2015. Ces deux départements se détachent nettement du Maine-et-Loire et de la Mayenne qui possèdent respectivement 81 et 78 MW d’éoliennes raccordées. Le secteur d’entraînement à très basse altitude de la Sélune, qui occupe la moitié ouest du département de la Mayenne ainsi qu’une partie du Nord, y limite le développement de l’éolien. En Sarthe, le premier parc éolien a été raccordé en 2014, il affiche une puissance de 11 MW.

Malgré un récent tassement des raccordements en Pays de la Loire, la puissance installée y a progressé plus fortement de 2012 à 2014 qu’en moyenne nationale. Les Pays de la Loire sont ainsi équipés d’un peu plus de 575 MW éoliens au 1er janvier 2015. La puissance éolienne autorisée s’y élève à 1 000 MW à la même date. Elle est à rapprocher des 1.750 MW visés à l’horizon 2020 par les autorités régionales dans le schéma régional éolien, approuvé par le préfet de région le 8 janvier 2013. Cet objectif nécessite en moyenne une puissance annuelle supplémentaire de l’ordre de 200 MW / an, quand on enregistre 26 MW nouveaux en 2014 et 70 MW nouveaux en 2013 et 2012. Par rapport à l’échelle nationale (France métropolitaine), le poids de la région Pays de la Loire a progressé de près d’un point en six ans pour s’établir à 6,3 % au 1er janvier 2015. Cette proportion est supérieure au poids démographique ou surfacique de la région (de l’ordre de 5 %).

Les Pays de la Loire se positionnent désormais au 7e rang des régions éoliennes. La production régionale annuelle d’électricité éolienne a franchi la barre du térawattheure en 2013 et, du fait du ralentissement des raccordements et de conditions venteuses un peu moins favorables, n’a pas beaucoup progressé en 2014. Avec un peu plus de 1 050 GWh d’électricité d’origine éolienne produite au cours de l’année 2014, la production éolienne en Pays de la Loire représente 6 % de la production nationale. Elle pèse pour 20 % de l’ensemble de la production électrique de la région mais ne représente que 4,5 % de l’électricité qui y est consommée.

Le développement de l’éolien terrestre est stratégique pour l’atteinte des objectifs régionaux en matière d’énergies renouvelables. La filière représente 25 % de la production d’énergie renouvelable visée pour 2020 dans la région quand aujourd’hui elle pèse pour 12 % de la production d’énergie renouvelable régionale.

Éoliennes dans un paysage agricole © G. Beergunnot-DREAL Pays de la Loire

L’éolien offshore : un développement prévu pour 2020

Le potentiel de développement des énergies marines renouvelables est très important au large du littoral des Pays de la Loire. Concernant l’éolien offshore « posé », c’est-à-dire fixé sur le fond marin, la démarche de concertation menée à la fin des années 2000 a permis de déterminer au large de la région deux zones potentielles d’accueil de parcs éoliens :

  • la zone dite de « Saint-Nazaire », centrée sur le banc de Guérande, au large de l’estuaire de la Loire, d’une superficie de 78 km² ;
  • la zone dite « des îles d’Yeu et de Noirmoutier » au large de la Vendée, d’une superficie de 100 km².

La zone de « Saint-Nazaire » a été retenue dans le cadre du premier appel d’offres pour l’installation d’éoliennes en mer et a été attribuée en avril 2012 au consortium Eolien Maritime France (EDF Energies Nouvelles, Dong Energy), associé à Nass & Wind et à ALSTOM. Le parc aura une puissance de 480 MW (il comptera 80 éoliennes de 6 MW chacune). Sa construction et sa mise en service progressive sont prévus à l’horizon 2018-2020.

La zone « îles d’Yeu et de Noirmoutier » a fait l’objet d’un second appel d’offres attribué en mai 2014 au consortium constitué de GDF Suez, EDP Renewables (énergéticien portugais) et Neon Marine (producteur français d’énergies renouvelables), associé au turbineur AREVA. La mise en service progressive de ce parc d’une puissance de 496 MW est prévue à l’horizon 2021-2023.

La production d’électricité du projet de « Saint-Nazaire »est estimée à 150 ktep/an. La production d’électricité du projet de parc des « îles d’Yeu et de Noirmoutier » serait du même ordre de grandeur. La puissance installée à l’horizon 2020 serait donc de 480 MW, pour une production électrique estimée à 150 ktep/an, soit 12 % de la production renouvelable visée à cette date. À partir de 2023, la puissance installée cumulée serait de l’ordre de 980 MW, pour une production électrique estimée à 300 ktep/an.

Encore au stade de la recherche/développement, l’éolien flottant pourrait à plus long terme connaître également un développement en région. Par ailleurs, la région des Pays de la Loire a pour ambition d’être leader en matière d’énergie houlomotrice (voir la plate-forme d’essai au large du Croisic sur le site SEM-REV porté par l’École centrale de Nantes).

Le bois-énergie, un potentiel très important

Les Pays de la Loire disposent d’un certain potentiel de ressources mobilisables pour le bois-énergie. Bien que n’étant pas une région forestière (seuls 11 % de la surface du territoire sont boisés), la région est la seconde en termes d’activités de transformation du bois, productrices de connexes mobilisables pour le bois-énergie. La filière bois, avec 4.400 entreprises et 30.000 emplois, est le troisième secteur industriel de la région.

En 2012, le bois-énergie était exploité majoritairement sous forme de bûches chez les particuliers et les agriculteurs. Dans la région, environ 400.000 foyers consommaient 80 % du bois valorisé sous forme d’énergie, soit près d’un million de tonnes de bois par an (équivalent à 300 ktep/an). Hors installations individuelles, on comptait en 2013 :

  • plus de 100 chaufferies bois dans l’industrie (dont plus de 70 chaudières sont installées dans des industries du bois). Elles mobilisent plus de 300.000 tonnes de bois par an (équivalent de 89 ktep/an) ;
  • 166 chaufferies bois pour chauffer des bâtiments collectifs ou tertiaire. Elles mobilisent plus de 170.000 tonnes de bois par an (équivalent à 41 ktep/an).

La filière du bois-énergie est actuellement la filière renouvelable la plus productrice dans la région, elle représente en 2012 plus de la moitié de la production renouvelable. Son importance reste de taille dans la production visée en 2020 : avec 460 ktep, elle représenterait 35 % de la production régionale d’énergie renouvelable.

Il est toutefois nécessaire de mettre en place des mesures visant à maîtriser la demande en bois-énergie. La hausse importante prévisible de la consommation de bois sur une période aussi courte peut entraîner des conséquences en termes de conflits d’usages, de développement des importations de bois et le développement incontrôlé de cultures énergétiques dédiées.

Également, la combustion du bois génère des particules fines dans les rejets atmosphériques. Une vigilance doit être portée sur les conditions de rejets des installations de combustion au bois, en particulier dans les zones sensibles (zone présentant une forte densité de population et des niveaux de pollution liés aux transports routiers ou à l’industrie plus marqués).

L’exploitation non raisonnée du bois peut enfin être source de pression environnementale en termes d’impact sur le paysage (boisement, bocage, etc.), biodiversité, qualité des sols, etc.

Le développement régional du bois-énergie s’appuie sur l’association régionale Atlanbois qui réunit de nombreux acteurs de la filière bois dans toutes ses composantes. L’association travaille à la fois sur le développement des installations mais aussi sur la mobilisation de la ressource, avec notamment la création d’une structure régionale d’approvisionnement.

La valorisation du biogaz, des enjeux considérables

Le biogaz est produit lors d’un processus naturel de dégradation biologique de la matière organique en milieu dépourvu d’oxygène, ce processus s’intitule la méthanisation. Le développement de la méthanisation et de la filière biogaz sert à la fois la politique de l’eau, des déchets et la politique énergétique, en effet :

  • développer la méthanisation des déchets organiques revient à réduire leur volume ;
  • le développement de la méthanisation agricole (à la ferme ou collectivement) augmente le traitement des effluents et des déchets agricoles, et améliore ainsi la gestion des épandages, au regard en particulier des problématiques liées à l’azote ;
  • par ailleurs, la valorisation du biogaz permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre :
    • méthaniser les déchets agricoles réduit la durée de stockage en extérieur des effluents d’élevage et donc les émissions de méthane et de protoxyde d’azote générés au cours de cette phase ;
    • la valorisation du biogaz de décharge, produit lors de la fermentation des ordures, évite que des gaz à effet de serre à fort pouvoir réchauffant ne soient libérés dans l’atmosphère ;
    • enfin, le contenu en carbone du biogaz est exactement égal à celui qui a été absorbé naturellement dans l’atmosphère lors de la production de la matière organique : en le substituant à des sources d’énergie fossiles, on réduit ainsi la quantité de carbone émise dans l’atmosphère.

Le biogaz peut être valorisé de différentes manières :

  • par la production d’électricité et de chaleur combinée dans une centrale en cogénération ;
  • par la production de chaleur qui sera consommée à proximité du site de production ;
  • par l’injection dans les réseaux de gaz naturel après une étape d’épuration (le biogaz devient alors du bio-méthane) ;
  • par la transformation en carburant sous forme de gaz naturel véhicule (GNV).

Au 1er avril 2015, on recense 37 unités valorisant du biogaz en Pays de la Loire. Elles sont de tailles diverses et traitent des matières d’origines variées :

  • 14 unités à la ferme, de petite taille, utilisant essentiellement les effluents d’élevage de l’exploitation ;
  • 4 unités centralisées qui valorisent en codigestion différents substrats sur un site dédié ;
  • 8 unités industrielles, dont 5 installations agro-alimentaires ;
  • 8 unités de collectivités, dont 7 traitant des boues de station d’épuration et 1 de la fraction fermentescible des ordures ménagères ;
  • 3 unités de stockage de déchets non dangereux valorisant du biogaz de décharge.

Cet ensemble valorise une énergie primaire de l’ordre de 33 ktep/an. La production électrique est estimée à environ 12 ktep/an et la production thermique à 14 ktep/an.

Le département de la Mayenne présente la plus importante production primaire de biogaz de la région (près de la moitié). Ce département est majoritairement rural et regroupe un nombre important d’agriculteurs et donc des effluents d’élevage ou de la matière végétale agricole pouvant être méthanisés en grande quantité. Il accueille par ailleurs une importante décharge d’ordures ménagères.

Lancé début 2013, le Plan Énergie Méthanisation Autonomie Azote vise l’objectif de 1.000 méthaniseurs à la ferme au niveau national en 2020 et devrait dynamiser la filière.

A l’échelle régionale, à travers le SRCAE, on vise pour 2020 une valorisation de 80 ktep de biogaz, par le biais de 220 installations. La filière biogaz compte pour 6 % de l’objectif régional de production d’énergie renouvelable à cet horizon.

L’hydraulique, une ressource marginale

La région Pays de la Loire ne bénéficiant pas d’un relief marqué, le potentiel de développement de l’hydroélectricité y est faible. Le nombre d’installations y est par conséquent limité : quelques dizaines de petites unités, principalement situées sur les cours d’eau des départements de la Mayenne, de la Sarthe et de la Vendée.

On recense environ 35 petites centrales hydroélectriques raccordées au réseau électrique et environ une dizaine de plus exploitées en autoconsommation, soit un total de l’ordre de 45 installations. Cela représente une puissance maximale de 11,3 MW raccordée au réseau et un peu moins d’1 MW supplémentaire en autoconsommation, soit un total de l’ordre de 12 MW.

La production d’hydro-électricité est globalement comprise entre 12 et 22 GWh/an (selon la pluviométrie de l’année et les arrêts pour maintenance), soit entre 1 et 1,9 ktep/an. En 2012, 17,9 GWh d’hydro-électricité a été injectée sur le réseau.

Le développement de l’hydroélectricité doit prendre en compte les objectifs de la politique de l’eau, notamment ceux de préservation et de restauration des continuités écologiques. Le relief peu accentué des Pays de la Loire et la faible rentabilité que pourraient offrir d’éventuels nouveaux sites dirigent la progression de l’hydroélectricité vers la réhabilitation et l’optimisation des sites existants. Il s’agit pour cela de remplacer les anciennes turbines par des turbines plus efficaces et respectueuses de la biodiversité.

Pour 2020, la région s’est fixée comme objectif d’accroître le parc de 15 installations, c’est-à-dire de le porter à environ 60 installations au total, qu’elles soient raccordées au réseau ou utilisées en autoconsommation. La puissance installée correspondante serait de 14 MW et la production hydroélectrique de 15 à 30 GWh/an (soit entre 1,3 et 2,6 ktep/an)

La géothermie, un potentiel assez faible

Le sous-sol des Pays de la Loire est constitué par :

  • un massif cristallin (formation de socle) correspondant au massif armoricain, pour les départements de la Loire-Atlantique, la Mayenne, le nord et le centre de la Vendée, ainsi que l’ouest du Maine-et-Loire ;
  • des bassins sédimentaires peu profonds, pour le sud de la Vendée, l’est du Maine-et-Loire et la Sarthe.

Le contexte géologique des Pays de la Loire est globalement moins favorable à la géothermie que celui des autres régions. La formation de socle, qui représente près de 57 % de la superficie de la région, est considérée comme peu aquifère par rapport à la zone sédimentaire (43 % de la superficie de la région). Ainsi la valorisation de la ressource géothermique est cantonnée à une exploitation dite « basse énergie » : prélèvement des calories dans des aquifères peu profonds ou dans le sol et utilisation d’une pompe à chaleur afin de rehausser la température extraite.

Les pompes à chaleur : une production en progression

Une pompe à chaleur (PAC) est un système thermodynamique qui permet, grâce à un apport d’énergie moindre, de transférer de la chaleur d’un milieu froid vers un milieu plus chaud (généralement le bâtiment à chauffer). Ceci a tendance à refroidir le milieu froid et réchauffer le milieu chaud. Dans le cas d’une pompe à chaleur électrique destinée au chauffage des bâtiments, l’apport en énergie renouvelable se mesure en ôtant la quantité d’électricité consommée à la quantité de chaleur injectée dans les locaux.

Les pompes à chaleur constituent la 2e plus importante source de chaleur renouvelable après la biomasse solide. Elles comptent pour environ 15 % de la chaleur renouvelable produite (chiffre national, source bilan de l’énergie SOeS).

A l’échelle régionale, la production de chaleur renouvelable, et particulièrement celle issue de pompe à chaleur, est difficile à mesurer. En considérant que les tendances nationales sont également vérifiées en Pays de la Loire. la production de chaleur renouvelable issue de PAC se situe autour de 80 ktep en 2012 et 100 ktep en 2014.

L’objectif visé en Pays de la Loire est d’atteindre une production annuelle de 145 ktep en 2020. Le rythme de progression actuel de la filière permet d’espérer raisonnablement le voir atteint. Cette filière compte pour un peu plus de 10 % de la production régionale d’énergie renouvelable visée pour 2020.

La valorisation des déchets, la cogénération et les réseaux de chaleur

Les Pays de la Loire comptent près de 80 réseaux de chaleur urbains en 2014.

Deux d’entre eux distribuent de la chaleur produite par l’incinération des déchets. La région compte également deux réseaux de chaleurs industriels permettant de valoriser ce type d’énergie fatale . En 2014, grâce à ces quatre réseaux de chaleur, environ 50 ktep de chaleur issue de l’incinération des déchets ont été valorisés. Il est fréquent que les usines d’incinérations d’ordures ménagères valorisent l’énergie libérée par la combustion des déchets à la fois sous forme de chaleur et d’électricité, par un procédé de cogénération. En 2014, environ 12 ktep d’électricité ont été produites par les UIOM de la région.

On constate par ailleurs depuis 2010 une augmentation du nombre de réseaux de chaleur, notamment des petits réseaux de chaleur fonctionnant au bois grâce à la mise en place du Fonds chaleur.